Securité Privée. Voir le replay webinar. Sécurité Privée : face au défi du COVID 19, transformer les contraintes en opportunités


Pour nos intervenants, le constat est simple. Les autorités publiques ne semblent pas avoir pris conscience de l’implication des acteurs de la sécurité privée dans la gestion de la crise de la COVID-19. Pourtant les opérateurs ont su faire preuve de la responsabilité que la situation exigeait et il faut rendre hommage femmes et des hommes du métier dont l’engagement a été sans faille malgré des conditions de mission difficiles.




 

Dans le même temps, des activités spécifiques se retrouvent dans des situations économiques dramatiques.

Les sociétés de sécurité événementielle et de sûreté aéroportuaires doivent ainsi faire face à des perspectives très incertaines alors qu’elles n’ont été intégrées à aucun des plans sectoriels de sauvegarde annoncés par le gouvernement.

L’absence de reconnaissance de l’Etat interroge profondément le secteur de la sécurité privée dans la perspective du développement du continuum de sécurité, que pourtant l’ensemble des parties appellent de ses vœux, mais qui demande le respect des partenaires et une relation rééquilibrée à la hauteur des enjeux.


La sécurité privée souffre d’un déficit de notoriété.

Cependant, cette situation ne doit pas masquer des constats déjà récurrents. Si familière du grand public qu’elle passe inaperçue, la sécurité privée souffre d’un déficit de notoriété. Du point de vue économique, l’hyper compétition pèse sur les prix et donc sur la capacité d’investissement. En terme commercial, le déséquilibre du rapport de force avec les donneurs d’ordre constitue un obstacle majeur à la pérennisation de l’activité.

Toutefois, nos grands témoins s’accordent sur le fait que l’effet accélérateur de la crise ouvre aujourd’hui des opportunités de redéfinir les équilibres existants. Ces nouveaux équilibres, que la sécurité privée devra elle-même initier, ont pour objectif de :
  • Construire, avec les clients et non contre eux, des solutions nouvelles compatibles avec les contraintes budgétaires qui vont se renforcer.
  • Penser l’acte d’achat non plus comme créateur de coûts mais comme générateurs de valeur afin de ne plus laisser le coût comme seul critère de choix.
  • Proposer une culture nouvelle fondée sur la durée et intégrant des solutions intégrant à la fois de l’intelligence, de la technologie et des ressources visant à l’efficacité sur ce qui est essentiel.
  • Organiser une véritable filière métier rassemblant les dix-huit activités du secteur (6 conventions collectives) afin de créer un statut, des perspectives d’emploi, de carrière et une politique de compétence au travers d’une véritable stratégie sociale.
  • Œuvrer activement à l’élaboration d’une stratégie nationale de sécurité intérieure où la sécurité privée aura toute sa place comme instrument complémentaire, et non concurrent, des forces publiques.

jours d’après, jours nouveaux ? Une épreuve de vérité en tout cas.

La réussite d’une telle évolution passe nécessairement par le rassemblement et l’union de l’ensemble de la filière afin de proposer une pensée et une vision globale, s’appuyer sur une représentation significative et ainsi ouvrir un dialogue responsable avec son écosystème :
  • Intéresser le grand public à qui il faut démontrer l’importance de la mission,
  • Impliquer les clients qui constituent le marché sans lequel il n’y pas d’économie.
  • Dialoguer avec l’Etat dont il ne faut pas tout attendre et qui doit rester dans son rôle de contrôle et de régulation.
Les enjeux sont importants et la difficulté non négligeable, mais la sécurité privée détient tous les atouts de sa réussite s’elle ne commet pas l’erreur d’agir en ordre dispersé. C’est par un engagement collectif et uni qu’elle pourra se positionner comme un acteur libre et responsable, capable de développer son économie.
 
Alors, pour la sécurité privée, jours d’après, jours nouveaux ? Une épreuve de vérité en tout cas.
 


Lundi 22 Juin 2020
Thierry Marchand